Les nefs c’est pas pour des nèfles
« Le cirque est un petit bout d’arène close, propre à l’oubli »
Henri Miller.
Mais aussi au voyage, à l’évasion et à l’imaginaire, à la poésie, aux franchissements des limites, et à la magie. Le cirque est le seul endroit où la vie est belle bordel de merde.
Une école de cirque, c’est une école de vie.
Donner un cadre, donner des limites pour pouvoir s’en affranchir.
Un canal, un ciel gris, des bruits d’oiseaux, des camions dans le ciel, des hangars d’une ancienne propriété agricole restée là.
Ils ont la beauté de la brutalité pour laquelle ils ont été bâtis et du temps qui leur a roulé dessus.
Les chapiteaux ici sont blancs. Pas de fioritures, pas de chichis, on va à l’essentiel, on dit la vérité pour ne pas la montrer, les fleurs sentent bons, et le fumier pue. C’est comme ça !
Le fond est la forme où plutôt c’est l’énergie qui crée la forme et pas la forme qui crée l’énergie.
Il est parfait ce site de hangars agricoles pour accueillir une école de cirque car au fond ils disent la même chose. On ne triche pas, on ne peut pas, on sue, on crie, on souffre pour enchanter et on recommence encore et encore, on améliore, on peaufine, on modifie, on avance. Un spectacle de cirque n’est jamais fini. La vie non plus, pourquoi notre projet le serait-il ?
Alors on continue l’histoire, on garde tous les bâtiments pour qu’ils deviennent autre chose, la même chose, ou rien du tout, les détruire ne servirait à rien.
Qui sait de quoi demain sera fait ?
On ajoute, on excave, on creuse, on élève, on rabote, on agrandit, on ouvre en fonction des usages.
Et on se laisse surprendre pour sortir de la gangue :
Un toit peut devenir un belvédère, un autre sera ouvert pour laisser entrer la lumière; le tout formera une pièce unique bâtie. Chaque endroit sera lié à l’autre tout en préservant son autonomie.
Ils s’offriront à un jardin fait des éléments résiduels déjà existants. Le bâtiment administratif, les écuries, l’atelier, le chapiteau, la nationale comment l’oublier, mais aussi sur un terrain où les sols seront travaillés soit par revêtement minéral soit par des plantes rases qui composeront un sol, mais aussi par un parc d’arbres à hautes tiges parfaitement délimité et planté sur une trame de 7x7. Ceux-là seront mélangés avec des agrès, pour que là encore l’inattendu soit au coin du bois.
C’est ça la vie. Il faut croire en ses mirages c’est le seul moyen de ne pas avoir de désillusions.
3 500 m²
OPPIC
Architecte mandataire :
ARM Architecture /
Poitevin Reynaud
Architecte associé
NP2F
BET Structure : DVVD
BET Fluides/QE : ELITHIS
Economie : VPEAS
Scénographie : dUCKS Sceno
Paysage : BASE
Conception Lumière : LUMIERES STUDIO
Signalétique : AUTOBUS IMPERIAL
Acoustique : ORFEA
Avancement : APD
Mission : Complète
