Mon cher ami,
Il n’est pas facile ce site, il est en plus en devenir alors il n’est pas facile de savoir à quoi s’en tenir.
On va, on vire depuis des semaines et là tu me proposes une image, une de plus devrais-je dire. S’ils savaient les maîtres d’ouvrages combien de dizaines et de dizaines d’images on pond pour n’en produire qu’une et souvent trop charrette, un comble.
Tu me proposes donc une sorte de projet aux limites floues pour un territoire incertain en quelques sortes. C’est une possibilité.
Une belle image, ça peut marcher et ça peut séduire, je n’en doute pas. Ça marche presque à chaque fois et les projets en restent le plus souvent là. Ils n’ont que l’épaisseur et le temps de leur façade.
L’image peut être assez folle mais le concept assez faible.
Pourtant faire une image folle pour une maison de l’image, ça coule de source pour ainsi dire.
Il n’en demeure pas moins que les questions ne sont, de mon point de vue, que simplement effleurées, ne vous inquiétez pas s’il le faut je saurai m’en contenter. Je n’ai plus envie de me bagarrer mais puisqu’on me demande mon avis. Le voici.
Le maître d’ouvrage ne nous demande pas seulement de faire un bâtiment, il nous demande très clairement de faire un bâtiment pour redonner un peu de considération aux gens qui habitent ce quartier et aussi, pour pouvoir permettre aux gens de la «vraie ville» de venir ou de revenir jusqu’ici. Ça c’est la première donnée.
Une autre donnée est de scénographier ou scénariser les flux qui traversent la parcelle du nord au sud et de l’est à l’ouest. C’est sans aucun doute par là je crois que le projet doit être pris.
Encore une petite donnée. L’urbaniste, ne connaissant pas le programme de la maison de l’image, a imaginé une boîte qui prenne toute la parcelle. Il en fait une règle. Pourtant, le programme est loin de prendre toute la parcelle. Dans l’échelle de ce qu’on nous demande, il nous faudra proposer quelque chose de bien plus vaste et de bien plus grand et de bien plus onirique que tous les alentours.
Plus fort que le parc,
Plus fort que les tripodes...
Il faut donc réfléchir aux accès de ce bâtiment, aux temps que cela prendra pour rentrer, à la curiosité que notre truc va procurer pour rentrer et alors, être ici et ailleurs. Comme dans un lit. 140x200, une couette et un oreiller. Voilà un espace circonscrit. Et pourtant, lorsqu’on ferme les yeux et qu’on part dans les songes, l’espace devient infini et tout est alors possible.
C’est à peu près ça que je propose ici. Respecter l’espace circonscrit à l’échelle du quartier, comme le cadre du lit, un espace rassurant et partir en live à l’intérieur. Alors la petite boite change complément d’ampleur, elle n’est plus confrontée de la même manière au monde extérieur.
Elle joue avec l’apesanteur, la lumière, les reflets, les ombres.
Elle s’acoquine, s’agglutine, dialogue, se disloque avec les autres.
Les points de vue diffèrent, les cadres sur le ciel ouvrent à l’infini.
C’est une boîte de boîtes d’imaginaires et d’envies....
Enfin moi ce que j’en dis ....
3 280 m²
SETOMIP
Architecte mandataire :
SCAPE Architecture /
Duncan Lewis
Architecte associé :
ARM Architecture /
Poitevin Reynaud
BET TCE : IOSIS Sud Ouest
BET QE : INDDIGO
Scénographie : dUCKS
Acoustique: VIAM
Paysage: Cyrille Marlin
Avancement : Concours perdu en 2011
Mission : Complète
Images: Scriptogram
