Le jour d’après
A l’attention de M.Carré
C’est grave et la rage monte aujourd’hui.
Peu à peu mais sûrement.
Le projet certes ne vous plaît pas. Soit, vous préférez sans doute Michel Sardou et Johnny Hallyday à Matthieu Chedid et Manu Chao. Bon.
Cela ne vous autorise pas à être cynique et de mauvaise foi. Cela ne vous autorise pas non plus en tant que Président du jury à descendre ouvertement un projet.
Le projet proposé montre les plans de plusieurs dizaines de maisons. Il offre une place, un jardin, un passage, de grandes surfaces, des commerces, des parkings... Soit une pluralité d’usages pour des gens, des hommes et des femmes qui vont y vivre. J’étais venu pour en parler, j’attends toujours.
Aucun de ces sujets ne vous a même effleuré.
C’est grave !
Vous avez préféré orienter les débats sur la gestion en copropriété d’une toiture terrasse, ses fuites potentielles et les poteaux qui ne manqueront pas de venir soutenir notre prétendu porte à faux. J’oubliais la couleur des volets. Un comble !
Vous connaissez l’adage. "Quand on veut tuer son chien "...
Vous n’avez fait qu’éructer sur ce qui n’existait pas plutôt que sur ce qui vous a été présenté. Vous avez ainsi insulté mon intégrité, la somme de travail que nous avons effectuée et mes capacités professionnelles. C’est grave.
Vous avez poussé le vice à autoriser votre pleutre laquais à l’urbanisme et aux mains moites, si jeune que ses poils du menton peuvent encore être comptés à me dire que j’étais prétentieux lorsque j’évoquais le funeste destin de mon projet. Je ne faisais qu’anticiper l’évidence émanant de vos propos. Quelle prétention en effet !
C’est cette même personne qui nous disait lors de la visite que tout ça n’était qu’un prétexte pour faire place nette et nettoyer le quartier. C’est très grave. Inutile en effet de parler de magie ou de poésie, vous ne savez pas de quoi il s’agit.
Par vos méthodes vous offensez la démocratie, vous êtes ce que la droite à de plus vil et de plus réactionnaire. Vous vous enflez de suffisance en méprisant vos administrés. Vous êtes élu de tous et pas seulement de ceux qui voudraient que nos villes ne soient peuplés que de Bernard, Jean-Paul, Brigitte et Anne ou devrais-je dire Carla et Nicolas. C’est grave et aussi longtemps que des gens tels que vous seront élus, la fille le Pen et bientôt son fils et toute sa descendance pourront très joyeusement danser sur votre vaste ventre.
Vous ne savez faire ni le bien, ni le mal. Seulement le pire.
Vous êtes très grave.
Matthieu Poitevin.
